La pension de réversion suscite de nombreuses interrogations, notamment face à ses règles complexes et à ses évolutions prévues pour 2026.
Entre démarches administratives, conditions d’accès strictes et calculs parfois difficiles à anticiper, il est essentiel de bien comprendre ce dispositif pour protéger ses droits et ceux de ses proches.
Les changements à venir pourraient impacter de nombreux bénéficiaires potentiels, rendant l’information et l’anticipation plus importantes que jamais. Un point complet sur ce sujet permet d’y voir plus clair et d’éviter les mauvaises surprises lors d’une période déjà délicate.
Définition, bénéficiaires et conditions d’accès à la pension de réversion
La pension de réversion est une prestation versée au conjoint survivant d’un assuré décédé, permettant de percevoir une partie de la retraite dont bénéficiait ou aurait pu bénéficier le défunt.
Seuls les conjoints mariés et ex-époux peuvent y prétendre, à l’exclusion des partenaires de Pacs et des concubins, quel que soit le régime de retraite. Les conditions d’accès varient selon les régimes : âge minimum (souvent 55 ans dans le régime général), durée de mariage exigée pour certains fonctionnaires, et parfois la présence d’enfants.
Je vivais avec mon compagnon depuis plus de quinze ans. Au moment de son décès, j’ai découvert que notre situation ne me donnait droit à aucune pension de réversion. J’aurais aimé le savoir plus tôt pour anticiper autrement.
Claire, 58 ans, employée administrative
Des plafonds de ressources s’appliquent dans le régime général, tandis que les régimes complémentaires et la fonction publique imposent leurs propres critères.
Démarches administratives pour obtenir la pension de réversion
La demande de pension de réversion s’effectue en ligne ou par courrier, idéalement dans l’année suivant le décès. Un dossier unique suffit, même en cas de pluralité de régimes, mais il doit être accompagné de pièces justificatives : acte de décès, livret de famille, justificatifs de ressources et relevés de carrière du défunt.
L’administration dispose de quatre mois pour instruire la demande ; passé ce délai, l’absence de réponse équivaut à un refus implicite.
En cas de rejet ou de non-réponse, un recours peut être déposé auprès de la commission de recours amiable, puis, si besoin, devant le tribunal compétent. Anticiper et vérifier l’exhaustivité du dossier accélère le traitement.
Tableau comparatif synthétique
| Régime concerné | Pourcentage versé | Condition de ressources |
|---|---|---|
| Régime général | 54 % | Oui |
| Agirc-Arrco | 60 % | Non |
| Fonction publique | 50 % | Non |
Calcul, montant et conditions de ressources
Le montant de la pension de réversion dépend du régime de retraite du défunt. Dans le régime général, il correspond à 54 % de la retraite de base, plafonné à 1 055,36 euros par mois en 2025, sous réserve que les ressources du conjoint survivant ne dépassent pas 24 710,40 euros bruts annuels pour une personne seule.
Les retraites complémentaires (Agirc-Arrco) appliquent un taux de 60 %, sans condition de ressources, tandis que la fonction publique verse 50 % de la pension du défunt, également sans plafond de revenus.
Si les ressources du bénéficiaire dépassent le seuil, la pension est réduite ou supprimée. Les revenus professionnels, retraites et autres ressources sont pris en compte, avec des modalités de cumul strictement encadrées.
Majoration, durée de versement et impact d’une nouvelle union
Des majorations sont prévues pour les bénéficiaires ayant élevé au moins trois enfants, avec une hausse de 10 % de la pension, et un supplément mensuel par enfant à charge peut s’ajouter dans le régime général.
Les conjoints survivants âgés de 67 ans et plus bénéficient également d’une majoration spécifique, sous réserve de ne pas dépasser un plafond trimestriel. La pension de réversion est en principe versée à vie, mais son maintien dépend du respect continu des conditions de ressources.
En cas de remariage, de Pacs ou de vie en concubinage, les conséquences varient selon les régimes : certains maintiennent le versement, d’autres le suspendent ou le suppriment. Il est donc essentiel de signaler tout changement de situation.
