Le budget 2026 suscite de vifs débats et marque un tournant pour la fiscalité et les aides sociales en France.
Entre ajustements du barème de l’impôt sur le revenu, gel de nombreuses prestations et nouvelles mesures pour les dons aux associations, les arbitrages opérés par le gouvernement et le Parlement dessinent de nouveaux équilibres.
Les choix retenus auront un impact direct sur le pouvoir d’achat, la solidarité nationale et la gestion des finances publiques, alors que l’exécutif cherche à concilier rigueur budgétaire et justice sociale face à des enjeux économiques majeurs.
Les arbitrages fiscaux autour du barème de l’impôt sur le revenu
Le projet de loi de finances 2026 a ravivé les tensions autour du barème de l’impôt sur le revenu, opposant Sénat, Assemblée nationale et gouvernement.
Alors que le gel intégral du barème, envisagé pour limiter le déficit, aurait fait entrer 200 000 nouveaux foyers dans l’impôt, les sénateurs ont finalement opté pour une indexation de la première tranche sur l’inflation, épargnant ainsi la majorité des ménages.
La gauche plaidait pour une revalorisation plus large, tandis que l’Assemblée nationale défendait un dégel complet, y compris pour les tranches supérieures.
Le gouvernement, favorable à un compromis, estime que cette mesure cible 82 % des contribuables et limite l’impact sur le pouvoir d’achat.
Impôt sur le revenu 2026 : les scénarios débattus au Parlement
| Option envisagée | Défendue par | Effet principal |
|---|---|---|
| Gel total du barème | Gouvernement (scénario initial) | Entrée de 200 000 foyers supplémentaires dans l’impôt |
| Indexation de la première tranche | Sénat | Protection de la majorité des ménages |
| Dégel complet de toutes les tranches | Assemblée nationale | Allègement fiscal plus large |
Prestations sociales : gels, suppressions et réformes ciblées

Le budget 2026 prévoit un gel des principales prestations sociales, telles que les allocations familiales, les aides au logement et les soutiens aux personnes handicapées, qui resteront au niveau de 2025.
Les aides au logement seront supprimées pour les étudiants étrangers hors Union européenne non boursiers, tandis que la majoration des allocations familiales sera désormais réservée aux enfants de plus de 18 ans, contre 14 ans auparavant, générant une économie estimée à 200 millions d’euros.
Par ailleurs, la réduction d’impôt pour frais de scolarité disparaît. Ces mesures, justifiées par une inflation modérée, visent à contenir la dépense publique, mais risquent de peser sur le pouvoir d’achat des ménages les plus fragiles.
Les ajustements fiscaux pour les retraités et les hauts revenus
Parmi les nouveautés du budget 2026, l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite est remplacé par un abattement forfaitaire de 2 000 € pour une personne seule et 4 000 € pour un couple.
Cette réforme, neutre pour les retraités modestes, pourrait alourdir la facture fiscale des foyers percevant plus de 50 000 € de pension annuelle.
Parallèlement, la contribution sur les hauts revenus, imposant un taux minimal de 20 % dès 250 000 € pour une personne seule (500 000 € pour un couple), est prolongée d’un an. Ces mesures ciblent les contribuables les plus aisés, dans une logique de justice fiscale, mais pourraient susciter des débats sur leur impact sur l’attractivité et l’équité du système.
Un budget sous tension et le doublement du plafond Coluche pour soutenir la générosité
Le budget 2026, marqué par le recours au 49-3 après l’échec des compromis parlementaires, affiche une hausse des prélèvements obligatoires à 43,9 % du PIB et un dépassement des dépenses publiques de 9 milliards d’euros, principalement lié à la Sécurité sociale.
Dans ce contexte tendu, la mesure phare concerne la générosité : le plafond de la réduction d’impôt Coluche pour les dons aux associations d’aide aux plus démunis est doublé, passant de 1 000 à 2 000 euros.
Dès la fin 2025, les dons ouvrent droit à une réduction de 75 % jusqu’à ce nouveau plafond, puis 66 % dans la limite de 20 % des revenus. Cette initiative vise à stimuler la solidarité des Français face à la montée des besoins sociaux.