Comprendre les droits de succession en France est essentiel pour anticiper la transmission d’un patrimoine et éviter les mauvaises surprises. Entre abattements, barèmes progressifs, exonérations selon le lien de parenté ou la nature des biens, la législation française regorge de spécificités qui peuvent impacter le montant à régler par les héritiers.
La fiscalité applicable varie également selon la domiciliation du défunt et des bénéficiaires, ainsi que selon certains statuts particuliers ou types de biens transmis. Un panorama clair des règles en vigueur permet d’optimiser la succession et de sécuriser l’avenir des proches.
Les obligations et exonérations liées au paiement des droits de succession
En France, le paiement des droits de succession incombe généralement aux héritiers, mais de nombreux cas d’exonération existent selon le lien de parenté, la nature des biens transmis ou la qualité du défunt ou du bénéficiaire.
Par exemple, le conjoint survivant ou le partenaire de Pacs est totalement exonéré, tout comme les associations reconnues d’utilité publique recevant un legs. Certains biens, tels que les monuments historiques ou les rentes viagères en ligne directe, bénéficient également d’exonérations.
De plus, les héritiers d’une victime de guerre ou d’acte de terrorisme sont dispensés de droits de succession. Ces dispositifs visent à alléger la charge fiscale dans des situations particulières et à encourager certaines transmissions.
Exonérations de droits de succession : les situations les plus courantes
| Situation du bénéficiaire | Droits de succession |
|---|---|
| Conjoint survivant | Exonération totale |
| Partenaire de Pacs | Exonération totale |
| Association reconnue d’utilité publique | Exonération totale |
| Héritiers d’une victime de guerre ou de terrorisme | Exonération totale |
| Biens classés monuments historiques | Exonération sous conditions |
Étapes du calcul des droits de succession et abattements applicables
Le calcul des droits de succession débute par l’inventaire de l’ensemble des biens du défunt (actif brut), auquel sont soustraites les dettes éventuelles (passif) pour obtenir l’actif net taxable. Cette valeur est ensuite répartie entre les héritiers selon les règles successorales.
Chaque héritier bénéficie d’un abattement personnel, variable selon le lien de parenté : 100 000 € pour un enfant ou parent, 15 932 € pour un frère ou une sœur, 7 967 € pour un neveu ou une nièce, et 1 594 € pour les autres cas.
Les personnes en situation de handicap profitent d’un abattement supplémentaire de 159 325 €. La part taxable, soumise au barème progressif, correspond à la part reçue après déduction de ces abattements.
Abattements : un levier clé pour réduire la fiscalité successorale
| Lien de parenté | Abattement applicable |
|---|---|
| Enfant ou parent | 100 000 € |
| Frère ou sœur | 15 932 € |
| Neveu ou nièce | 7 967 € |
| Autres héritiers | 1 594 € |
Les barèmes applicables selon le lien de parenté
Les droits de succession varient fortement selon le degré de parenté avec le défunt. En ligne directe (enfants, parents), le barème est progressif : de 5 % jusqu’à 45 %, selon des tranches allant de 8 072 € à plus de 1,8 million d’euros.
Pour les frères et sœurs, la taxation s’élève à 35 % jusqu’à 24 430 €, puis 45 % au-delà. Les héritiers jusqu’au 4ᵉ degré (oncles, tantes, neveux, nièces) sont imposés à 55 %, tandis que les autres héritiers, sans lien familial proche, subissent un taux unique de 60 %.
Ces écarts traduisent la volonté du législateur de favoriser la transmission au sein de la famille proche.
L’impact de la domiciliation fiscale sur l’imposition des successions
La domiciliation fiscale du défunt et de l’héritier joue un rôle déterminant dans l’assujettissement aux droits de succession en France. Si le défunt était résident fiscal français, l’ensemble de ses biens, qu’ils soient situés en France ou à l’étranger, est soumis à l’impôt.
En revanche, si le défunt résidait à l’étranger, seuls les biens situés en France sont imposables, sauf si l’héritier est lui-même domicilié en France depuis au moins six ans sur les dix dernières années précédant le décès.

Les conventions fiscales internationales peuvent toutefois limiter la double imposition. Par exemple, un héritier résidant au Royaume-Uni ne sera imposé en France que sur les biens français, conformément à la convention bilatérale.
