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La réforme du diagnostic de performance énergétique (DPE) s’apprête à bouleverser le marché immobilier dès 2026. Entre nouvelles règles de calcul, impact sur la valeur des biens et renforcement des contrôles, propriétaires et acquéreurs s’interrogent sur les conséquences pour les logements énergivores.

Cette évolution majeure promet de redéfinir la notion de « passoire thermique » et d’influencer les stratégies d’achat, de vente ou de location.

Tour d’horizon des enjeux et des changements à anticiper pour mieux comprendre ce grand tournant énergétique.

Réforme du DPE en 2026 : nouveaux critères et mode de calcul

À compter du 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique (DPE) évolue en profondeur, avec un nouveau mode de calcul qui rebat les cartes pour de nombreux propriétaires.

 

 DPE 2026 : Nouveau correctif sur le chauffage électrique !

Le principal changement concerne le coefficient de conversion de l’électricité, abaissé de 2,3 à 1,9, afin d’aligner la France sur la norme européenne et de mieux refléter la part d’électricité décarbonée.

 

Cette réforme vise à corriger une inégalité qui pénalisait les logements chauffés à l’électricité, souvent classés à tort parmi les « passoires thermiques ». Résultat : près de 850 000 logements devraient voir leur étiquette énergétique s’améliorer, impactant directement le marché immobilier et la valeur des biens concernés.

Conséquences sur les passoires thermiques et le reclassement des logements

La réforme du DPE 2026 entraîne une nette diminution du nombre de passoires thermiques en France, principalement parmi les logements chauffés à l’électricité. Les grands bénéficiaires sont les studios, petits appartements et logements étudiants, souvent équipés de radiateurs électriques ou de pompes à chaleur.

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Par exemple, un studio de 25 m² auparavant classé F peut désormais passer en E, le sortant ainsi des restrictions de location à venir.

Selon les estimations, 91 % des logements reclassés sont électriques, tandis que les biens chauffés au gaz ou au fioul ne profitent d’aucune amélioration. Cette évolution favorise donc les petites surfaces urbaines et les logements destinés à la location étudiante, qui voient leur attractivité renforcée.

Petites surfaces : les grandes gagnantes de la réforme

Type de logement Situation avant réforme Situation après réforme Impact
Studio de 25 m² chauffé à l’électricité Classé F Reclassé E Sort des futures interdictions
Petit appartement étudiant Étiquette dégradée Classement amélioré Attractivité renforcée
Logement chauffé au gaz Classement inchangé Aucun bénéfice Pas d’amélioration

Modalités de mise à jour du DPE et renforcement des mesures anti-fraude

Dès 2026, les propriétaires peuvent actualiser gratuitement leur DPE en ligne via le site de l’ADEME, à condition de disposer d’un diagnostic réalisé après juillet 2021. Il suffit de renseigner le numéro ADEME du DPE pour obtenir instantanément une attestation officielle, valable jusqu’à la fin de la période de validité initiale.

Parallèlement, de nouvelles mesures anti-fraude entrent en vigueur : chaque DPE devra comporter un QR code renvoyant à sa fiche officielle, la validation par l’ADEME devient obligatoire avant publication, et la géolocalisation du diagnostiqueur sur site sera exigée.

Mon studio était classé F alors qu’il est entièrement électrique et bien isolé. Si le reclassement se confirme, cela change tout pour la location. Mais je reste attentif aux contrôles renforcés annoncés.”]Thomas, 34 ans, investisseur locatif

Les contrôles sont renforcés et les sanctions alourdies, afin de garantir la fiabilité et la transparence des diagnostics énergétiques.

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Effets sur le marché immobilier et calendrier des interdictions de location

La réforme du DPE modifie sensiblement la perception et la valeur des biens immobiliers, mais ses effets varient selon le type de logement et la localisation. À Paris et dans les grandes villes, les appartements mal classés restent recherchés, car la demande demeure forte et l’emplacement prime souvent sur la performance énergétique.

En revanche, dans les zones rurales, les maisons individuelles affichant une mauvaise étiquette subissent des décotes pouvant atteindre 20 %, les acheteurs anticipant le coût des travaux.

Malgré le reclassement de nombreux logements, le calendrier des interdictions de location reste inchangé : les logements classés G sont interdits à la location dès 2025, F en 2028 et E en 2034. L’isolation et la rénovation énergétique demeurent donc cruciales pour valoriser durablement un bien.