Heineken, géant mondial du secteur brassicole, traverse une période de transformation majeure. Entre réorganisation interne, ajustements stratégiques et adaptation à un marché en pleine mutation, le groupe multiplie les annonces fortes.
Les évolutions récentes témoignent d’une volonté d’optimiser la performance tout en répondant aux défis économiques et sectoriels actuels.
Cette dynamique soulève de nombreuses questions sur l’avenir de l’entreprise, ses choix de gestion et l’impact sur ses collaborateurs à l’échelle internationale. Tour d’horizon des enjeux et perspectives qui dessinent le nouveau visage de Heineken.
Suppressions d’emplois et réorganisation chez Heineken
Heineken a annoncé la suppression de 5.000 à 6.000 postes dans le monde d’ici deux ans, soit près de 7% de ses effectifs.
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Cette décision s’inscrit dans un vaste plan de restructuration visant à renforcer la productivité et à réduire les coûts, alors que le groupe fait face à une demande atone, notamment en Europe et aux États-Unis, et à des conditions de marché difficiles.
Les réductions d’effectifs devraient principalement toucher l’Europe et certains marchés jugés moins prioritaires. Ce plan s’ajoute à des mesures déjà engagées, comme la réorganisation du siège à Amsterdam. Heineken espère ainsi dégager des marges de manœuvre pour investir dans la croissance future.
Un contexte sectoriel et économique défavorable
Le secteur brassicole traverse une période délicate, marqué par une baisse persistante des ventes de bière, conséquence directe de l’érosion du pouvoir d’achat et d’étés peu propices à la consommation.
Heineken, à l’instar de ses concurrents comme Carlsberg, doit aussi composer avec la montée en puissance des boissons sans alcool et les avertissements sanitaires de plus en plus présents. À cela s’ajoutent de nouveaux défis, tels que l’impact potentiel des médicaments amaigrissants sur la consommation d’alcool.
Face à ces pressions, les brasseurs revoient à la baisse leurs prévisions de croissance et multiplient les initiatives d’économies pour préserver leur rentabilité à long terme.
Performances financières et révision des objectifs
En 2025, Heineken a enregistré une baisse de 2,4 % de ses volumes de vente, principalement en Europe et en Amérique, tandis que son chiffre d’affaires a reculé à 34,4 milliards d’euros, contre 36 milliards l’année précédente.
Malgré un résultat opérationnel organique supérieur aux attentes (+4 %), le groupe a revu à la baisse ses ambitions pour 2026, tablant désormais sur une croissance des bénéfices comprise entre 2 % et 6 %.
Cette prudence s’explique par la faiblesse persistante de la demande et un environnement concurrentiel tendu. Les marchés ont toutefois salué la discipline financière du groupe, l’action progressant de près de 4 % à l’annonce de ces résultats.
Stratégie à long terme et enjeux de gouvernance
Heineken mise désormais sur une croissance durable à l’horizon 2030, en privilégiant l’efficacité opérationnelle et l’optimisation des ressources. Ce virage stratégique vise à renforcer la compétitivité du groupe face à des rivaux comme AB InBev et Carlsberg, tout en s’adaptant à des tendances de consommation en mutation.

L’objectif affiché est de générer davantage de valeur avec moins de moyens, grâce à des économies d’échelle et à l’automatisation.
Toutefois, cette transformation s’accompagne d’une incertitude au sommet : le départ annoncé du directeur général Dolf van den Brink laisse planer le doute sur la succession, un enjeu clé pour assurer la stabilité et la continuité de la stratégie engagée.
