Les frais de tenue de compte se sont imposés dans le paysage bancaire français, suscitant de nombreuses interrogations chez les clients. Leur apparition récente, leur augmentation régulière et les disparités entre établissements alimentent le débat sur leur légitimité.
Face à la digitalisation croissante des services bancaires et à la multiplication des offres alternatives, ces frais sont de plus en plus remis en question.
Comprendre leur origine, leur évolution et les solutions pour les éviter devient essentiel pour mieux gérer son budget et choisir la banque la plus adaptée à ses besoins.
L’apparition et l’évolution des frais de tenue de compte
Il y a une quinzaine d’années, les frais de tenue de compte étaient inexistants dans la plupart des banques françaises, la gestion courante d’un compte courant étant alors gratuite.
C’est au début des années 2010 que ces frais ont commencé à se généraliser, touchant aujourd’hui presque tous les établissements, à l’exception de certaines banques en ligne comme Boursobank ou Fortuneo.
Depuis, leur montant n’a cessé d’augmenter : selon Panorabanques, la moyenne annuelle est passée de 22,10 euros en 2025 à 23,40 euros en 2026, avec des hausses spectaculaires, comme à La Banque Postale où ils ont bondi de 90 % en six ans. Cette évolution suscite l’incompréhension de nombreux clients.
Des politiques tarifaires contrastées entre banques traditionnelles et banques en ligne
Les banques traditionnelles appliquent quasi systématiquement des frais de tenue de compte, avec des montants variables : 31,20 euros chez BNP Paribas, 35,88 euros au Crédit Mutuel de Bretagne, et jusqu’à 40 euros pour certains clients de LCL.
À l’inverse, la plupart des banques en ligne, telles que Boursobank, Fortuneo ou Hello bank!, continuent de proposer la gratuité. Les établissements justifient ces frais par la gestion administrative, la sécurité informatique ou le maintien d’agences physiques.
Mais les associations de consommateurs dénoncent leur légitimité à l’ère du numérique, estimant que la digitalisation réduit les coûts et que ces frais servent surtout à compenser la baisse des marges sur d’autres produits bancaires.
Un sentiment d’injustice face à des frais jugés injustifiés
L’introduction puis l’augmentation régulière des frais de tenue de compte sont perçues comme une injustice par de nombreux clients, d’autant plus que ces frais étaient inexistants il y a encore quinze ans.
Leur progression, bien supérieure à l’inflation, alimente le mécontentement, surtout dans un contexte où la digitalisation a réduit les coûts de gestion pour les banques. La remontée récente des taux d’intérêt aurait pu justifier une suppression ou au moins une stabilisation de ces frais, mais c’est l’inverse qui s’est produit.

Pour beaucoup, ces prélèvements apparaissent désormais comme une stratégie commerciale, déconnectée du service réellement rendu, accentuant le fossé entre les attentes des clients et la politique tarifaire des banques.
Des solutions concrètes pour limiter ou supprimer les frais de tenue de compte
Pour réduire, voire éliminer les frais de tenue de compte, plusieurs alternatives s’offrent aux consommateurs. Opter pour une banque en ligne reste la solution la plus efficace, ces établissements proposant généralement la gratuité, à condition de respecter certains critères comme la domiciliation de revenus.
Toutefois, les banques traditionnelles peuvent aussi offrir des packages de services, regroupant divers produits bancaires à un tarif global potentiellement avantageux. Si ces offres permettent parfois d’alléger la facture, elles imposent souvent des services non indispensables.
Enfin, il convient de rappeler que les banques de réseau supportent des coûts liés à l’entretien d’agences et de distributeurs, ce qui explique en partie la persistance de ces frais
