Le paysage de l’apprentissage en France s’apprête à connaître d’importants changements. Un nouveau décret va prochainement modifier les conditions d’attribution des aides à l’embauche d’apprentis, impactant directement les entreprises et les futurs alternants.
Cette évolution intervient alors que le nombre d’apprentis a atteint des niveaux records ces dernières années, porté par des mesures incitatives et l’ouverture de l’apprentissage à de nouveaux publics.
Les modalités, montants et bénéficiaires de ces aides vont être revus, soulevant de nombreuses questions pour les employeurs et les jeunes en formation.
Contexte et évolution de l’apprentissage en France
Depuis 2017, la France a connu une progression spectaculaire du nombre d’apprentis, passant de 430 000 à plus d’un million en 2023. Cette dynamique s’explique notamment par l’élargissement de l’apprentissage à l’enseignement supérieur et au secteur des services, qui a permis d’attirer de nouveaux profils d’étudiants.
Les aides financières à l’embauche, instaurées par l’État, ont également joué un rôle déterminant en incitant les entreprises à recruter davantage d’apprentis.
Ce soutien public, combiné à une diversification des filières, a profondément transformé le paysage de la formation professionnelle, faisant de l’apprentissage un levier majeur d’insertion sur le marché du travail.
Objectifs et motivations de la réduction des aides
Face à la nécessité de maîtriser les dépenses publiques, le gouvernement prévoit de réduire progressivement les aides à l’embauche d’apprentis, ciblant principalement les diplômes de niveau Bac+2 et supérieur.
Cette mesure vise à générer 700 millions d’euros d’économies depuis début 2026, puis 200 millions supplémentaires en 2026. Le contexte budgétaire tendu, marqué par la recherche d’équilibre des finances de l’État, explique cette décision.
Toutefois, les aides pour l’embauche d’apprentis en situation de handicap seront maintenues à leur niveau actuel, traduisant la volonté de préserver l’inclusion. Le gouvernement justifie cette révision par la forte hausse du nombre d’apprentis ces dernières années et la nécessité d’ajuster le dispositif aux réalités économiques.
Nouveaux montants et modalités des aides à l’embauche
Pour les PME de moins de 250 salariés, l’aide s’élèvera à 4 500 euros pour un BTS ou un DUT, et à 2 000 euros pour une licence, un master ou un diplôme d’ingénieur.
Les entreprises de 250 salariés et plus percevront respectivement 1 500 euros et 750 euros pour ces mêmes niveaux de formation. Seule exception : l’aide de 6 000 euros reste inchangée pour les apprentis en situation de handicap.
Ces montants s’appliqueront à la première année des contrats signés après l’entrée en vigueur du décret, prévue le lendemain de sa publication, et jusqu’au 31 décembre 2026.
Dispositifs spécifiques et exceptions prévues
Malgré la réduction générale des aides, le gouvernement maintient une mesure phare : l’aide de 6 000 euros pour l’embauche d’apprentis en situation de handicap.
Cette exception s’applique à tous les employeurs, quelle que soit la taille de l’entreprise ou le niveau du diplôme préparé, afin de soutenir l’inclusion professionnelle des jeunes en situation de handicap.
Ce dispositif spécifique concerne uniquement la première année du contrat d’apprentissage, à condition que celui-ci débute avant le 1er janvier 2027. Passé cette date, l’ensemble des modalités d’aide sera réévalué. Cette mesure traduit la volonté de l’État de ne pas fragiliser l’accès à l’emploi des publics les plus vulnérables.
