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Le marché du travail en France connaît actuellement des évolutions notables, marquées par des dynamiques contrastées selon les catégories d’âge et les secteurs d’activité.

Entre signaux d’alerte et indicateurs de résilience, la situation interroge sur la capacité du pays à maintenir ses ambitions en matière d’emploi.

Les derniers chiffres publiés révèlent des tendances qui pourraient impacter durablement l’économie et la société, alors que les objectifs fixés par les autorités semblent de plus en plus difficiles à atteindre. Un point sur les enjeux et les perspectives qui se dessinent pour les prochains mois.

Évolution récente du chômage en France

Au quatrième trimestre 2025, le taux de chômage en France a atteint 7,9 % de la population active, selon l’Insee, soit une hausse de 0,2 point sur trois mois et de 0,6 point sur un an.

 

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Ce niveau, le plus élevé depuis fin 2021, marque un net infléchissement après plusieurs années de baisse quasi continue depuis 2015, où le chômage dépassait alors 10 %.

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Près de 2,5 millions de personnes sont désormais concernées, avec une aggravation marquée chez les jeunes : le taux de chômage des 15-24 ans bondit à 21,5 %. Ce retournement s’inscrit dans un contexte industriel tendu et met en perspective les défis persistants pour atteindre l’objectif de plein emploi affiché par l’exécutif.

Les populations les plus touchées par la hausse

La montée du chômage frappe d’abord les jeunes actifs : plus d’un sur cinq âgé de 15 à 24 ans est désormais sans emploi, une progression de 2,4 points en un trimestre. Les “NEET”, jeunes de 15 à 29 ans ni en emploi, ni en formation, ni en études, voient aussi leur part grimper à 12,9 %.

Cette vulnérabilité s’explique par la précarité des premiers emplois et la difficulté d’insertion, aggravées par la concurrence internationale dans l’industrie.

À l’inverse, le chômage recule légèrement chez les 25-49 ans et reste stable chez les seniors, portés par la réforme des retraites et un taux d’emploi historiquement élevé dans cette tranche d’âge.

Facteurs économiques et analyse gouvernementale

La hausse du chômage s’explique en grande partie par le ralentissement de l’activité industrielle, fragilisée par la concurrence croissante des économies asiatiques. Face à cette situation, le gouvernement insiste sur le caractère conjoncturel de la dégradation, évoquant un simple ajustement du cycle économique plutôt qu’une crise profonde.

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Les autorités soulignent la solidité des indicateurs structurels, tels qu’un taux d’emploi proche de ses records historiques et une progression continue de l’emploi chez les seniors. Selon le ministère du Travail, ces éléments témoignent d’une résilience du marché du travail français, malgré les turbulences actuelles et les défis liés à la mondialisation.

Enjeux et comparaisons européennes

La remontée du chômage à 7,9 % complique sérieusement l’ambition de plein emploi, fixée à 5 % par Emmanuel Macron lors de sa réélection. Ce niveau reste nettement supérieur à la moyenne de l’Union européenne, qui s’établit à 5,9 % fin 2025. La France se distingue ainsi par une dynamique moins favorable que ses voisins, malgré un taux d’emploi national historiquement élevé.

 

Les perspectives pour le marché du travail français demeurent incertaines : si la résistance des emplois seniors et la solidité de certains secteurs offrent des motifs d’optimisme, la persistance d’un chômage élevé chez les jeunes et la pression internationale sur l’industrie laissent présager des défis structurels à relever pour atteindre le plein emploi.