La sécurité routière reste un enjeu majeur en France, alors que de nouvelles mesures de contrôle voient le jour pour lutter contre la conduite sans assurance.
Face à la gravité de cette infraction et à ses conséquences dramatiques, les autorités renforcent leur vigilance, notamment grâce à des dispositifs technologiques innovants.
Les chiffres liés aux accidents impliquant des véhicules non assurés témoignent de l’ampleur du phénomène et de ses répercussions sur l’ensemble de la société. Focus sur les enjeux, les profils concernés et les solutions mises en place pour protéger tous les usagers de la route.
L’ampleur de la conduite sans assurance en France
En France, la conduite sans assurance demeure un phénomène préoccupant : près de 515 000 personnes circuleraient sans couverture, selon l’ONISR. En 2024, 216 décès, soit 7 % de la mortalité routière, sont liés à des accidents impliquant des véhicules non assurés, dont 156 concernaient les occupants de ces véhicules. Par ailleurs, 4,8 % des véhicules impliqués dans des accidents corporels ne sont pas assurés.

Le profil des conducteurs non assurés révèle une surreprésentation des moins de 35 ans, qui constituent deux tiers des conducteurs non assurés impliqués dans des accidents mortels, alors qu’ils ne représentent qu’un tiers de la mortalité routière globale.
Des conducteurs non assurés plus exposés aux accidents mortels
Les automobilistes et conducteurs de deux-roues non assurés présentent un risque nettement accru d’être responsables d’accidents mortels. Selon l’ONISR, un automobiliste sans assurance a quatre fois plus de chances d’être à l’origine d’un accident mortel qu’un conducteur assuré.
Pour les deux-roues motorisés, ce risque est multiplié par 2,5. Cette surreprésentation s’explique notamment par des comportements plus dangereux, comme les excès de vitesse ou la prise de risques, souvent associés à l’absence d’assurance.
Au-delà du danger pour autrui, la non-assurance expose également ces conducteurs à des conséquences financières et pénales majeures, tout en faisant peser le coût des dommages sur l’ensemble de la collectivité.
Le nouveau dispositif de contrôle automatisé
Pour lutter contre la conduite sans assurance, les autorités ont déployé un dispositif innovant : les radars automatiques vérifient désormais, lors des excès de vitesse supérieurs à 50 km/h, si le véhicule flashé est assuré.
Ce contrôle s’effectue grâce au croisement instantané des données des radars avec le fichier des véhicules assurés (FVA). Ce ciblage des infractions les plus graves vise à dissuader les comportements à risque et à réduire le nombre d’accidents mortels impliquant des conducteurs non assurés.
Les enjeux collectifs et la réponse des autorités
La conduite sans assurance représente un fardeau financier considérable pour la collectivité. Les indemnisations des victimes d’accidents causés par des conducteurs non assurés sont prises en charge par le Fonds de garantie, alimenté par les cotisations des assurés et, indirectement, par les contribuables.
Cette situation accroît la pression sur les primes d’assurance et les finances publiques. Face à la gravité de cette infraction, qualifiée de « priorité absolue » par la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne, les autorités intensifient les contrôles automatisés.
L’objectif est clair : responsabiliser les conducteurs et protéger l’ensemble des usagers de la route, tout en limitant l’impact économique de la non-assurance sur la société.
