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La réforme des retraites, adoptée en 2023 et souvent source de débats, connaît un nouveau rebondissement avec l’annonce d’une suspension partielle prévue pour 2026 et 2027.

Cette décision, qui concerne des millions de Français, suscite de nombreuses interrogations sur ses conséquences concrètes pour les futurs retraités.

Entre ajustements de l’âge légal, impacts sur les départs anticipés et mesures spécifiques pour certaines catégories de travailleurs, les changements à venir pourraient modifier en profondeur les parcours de fin de carrière. Tour d’horizon des enjeux et des perspectives liés à cette pause inattendue.

Suspension partielle de la réforme des retraites : modalités et calendrier

La réforme des retraites de 2023 connaîtra une pause temporaire à partir du 1er septembre 2026, date à laquelle l’âge légal de départ sera maintenu à 62 ans et 9 mois pour les générations nées entre 1964 et 1968.

 

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Cette suspension, décidée pour permettre aux caisses de retraite de s’adapter techniquement, gèle également le nombre de trimestres requis à 170. Le report progressif de l’âge légal reprendra en 2028, sauf nouvelle réforme.

Cette mesure s’inscrit dans le calendrier législatif du budget de la Sécurité sociale pour 2026, qui prévoit aussi des avancées pour les carrières longues et les femmes.

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Qui sont les principaux bénéficiaires de la suspension ?

La suspension de la réforme impacte environ 2,2 millions de personnes. Parmi eux, près de 1,2 million pourront partir à la retraite de façon anticipée, gagnant en moyenne trois mois sur leur date de départ initiale, notamment grâce au dispositif carrière longue.

Source : amendement gouvernemental au PLFSS 2026. Entrée en vigueur prévue de la suspension de la réforme Borne pour les départs effectifs à partir de septembre 2026.

Environ un million de bénéficiaires verront également leur pension revalorisée, grâce à une diminution de la décote ou une meilleure prise en compte des meilleures années de salaire.

Les profils les plus avantagés sont ceux ayant commencé à travailler tôt ou ayant eu des carrières longues, ainsi que les femmes, qui profiteront d’un calcul plus favorable de leur pension dès 2026.

Conséquences pour les départs anticipés et les carrières longues

La suspension de la réforme modifie sensiblement les conditions de départ anticipé pour carrière longue. Dès le 1er septembre 2026, les assurés nés en 1964 pourront partir dès 60 ans et 3 mois, soit trois mois plus tôt qu’avec la réforme Borne.

Pour les générations suivantes, l’âge minimal progresse : 60 ans et 6 mois pour les natifs d’avril à décembre 1965, puis 61 ans pour ceux de 1967. Ce gel temporaire permet à de nombreux assurés d’anticiper leur départ, mais l’entrée en vigueur différée impose d’attendre l’automne 2026 pour en bénéficier.

Pour moi, la carrière longue a toujours été un objectif. Cette pause me permet enfin d’en profiter pleinement.Marc, 61 ans, électricien

Cette mesure offre un répit aux carrières longues, en attendant la reprise du relèvement de l’âge légal en 2028.

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D’autres mesures sociales majeures dans le budget 2026

Parallèlement à la suspension de la réforme, le budget 2026 introduit plusieurs avancées sociales. Un bonus de deux trimestres est désormais accordé pour chaque enfant né, adopté ou élevé, bénéficiant à environ 12 000 assurés supplémentaires chaque année, principalement en carrière longue.

 

Les femmes voient également leur retraite revalorisée : leur pension sera désormais calculée sur les 23 ou 24 meilleures années, contre 25 auparavant, générant un gain moyen de 1,3 %.

Enfin, près d’un million de personnes profiteront d’une pension majorée grâce à une amélioration de la proratisation et à une réduction de la décote. L’objectif affiché est de renforcer l’équité et de mieux prendre en compte les parcours familiaux et professionnels.