Le surendettement des jeunes connaît une progression alarmante en 2026, bouleversant les repères traditionnels de la gestion financière chez les moins de 30 ans.
Derrière cette tendance, de nouveaux modes de consommation et de crédit, comme les paiements fractionnés et les minicrédits, séduisent une génération en quête de solutions rapides, mais exposent à des risques majeurs.
Les conséquences de cette évolution se font sentir à la fois sur le plan personnel et social, révélant une vulnérabilité croissante face à l’endettement. Décryptage d’un phénomène qui inquiète de plus en plus les acteurs économiques et institutionnels.
L’essor du surendettement chez les jeunes : chiffres et tendances récentes
En 2025, la France fait face à une explosion du surendettement chez les jeunes, un phénomène sans précédent. Selon la Banque de France, plus de 17 000 dossiers ont été déposés par des moins de 30 ans, soit une hausse spectaculaire de 36 % en un an.
La situation est encore plus alarmante chez les 18-25 ans, où le nombre de dossiers a bondi de 65 %, atteignant environ 5 000 cas.
Minicrédits, paiements fractionnés et précarité : un cocktail à risque pour les jeunes
L’essor des minicrédits et des paiements fractionnés, souvent accessibles en quelques clics et sans véritable analyse de solvabilité, expose particulièrement les jeunes à des situations financières périlleuses.
Face à la précarité, à l’inflation et à un marché du travail instable, beaucoup se tournent vers ces solutions pour financer leurs besoins quotidiens ou leurs études. Or, ces crédits à la consommation, cumulés à des revenus irréguliers, créent un effet boule de neige : un tiers des dossiers de surendettement impliquant ces produits concernent des moins de 35 ans.
Les femmes et les jeunes chômeurs sont d’ailleurs surreprésentés parmi les personnes touchées, soulignant la vulnérabilité accrue de ces publics face à l’endettement.
Portrait des jeunes surendettés : femmes et chômeurs en première ligne
Le profil type du jeune surendetté se dessine autour des 18-30 ans, avec une surreprésentation marquée des femmes et des personnes sans emploi. Souvent étudiantes ou en situation de précarité, ces jeunes cumulent crédits à la consommation et revenus instables.
Par exemple, Léa, 29 ans, raconte avoir contracté plusieurs minicrédits pour subvenir à ses besoins essentiels, se retrouvant à devoir rembourser 200 euros chaque mois, bien avant d’avoir perçu son premier salaire.
Cette spirale d’endettement impacte lourdement le quotidien : restrictions sur l’alimentation, impossibilité de financer les transports ou de s’installer, et anxiété permanente face à l’accumulation des dettes. Pour beaucoup, le surendettement devient un frein à l’autonomie et à l’insertion professionnelle.
Les réponses institutionnelles et les perspectives d’évolution
Face à l’ampleur du surendettement chez les jeunes, les autorités renforcent l’encadrement du crédit à la consommation. Une nouvelle directive européenne, attendue d’ici fin 2025, imposera aux prêteurs une analyse stricte de la solvabilité avant tout octroi de minicrédits ou de paiements fractionnés.
La Banque de France, qui centralise les dossiers de surendettement, joue un rôle clé dans la gestion des situations critiques : près de la moitié des cas aboutissent à un rééchelonnement des dettes, tandis que l’effacement total ou partiel est envisagé lorsque la situation est jugée irrémédiablement compromise.
Ces dispositifs visent à limiter les abus et à offrir une seconde chance aux jeunes en difficulté financière.
