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Le leasing automobile connaît une croissance fulgurante en France, séduisant de plus en plus de particuliers à la recherche de flexibilité et de simplicité pour l’acquisition d’un véhicule neuf.

Derrière cette popularité, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer des pratiques jugées opaques et parfois abusives, notamment autour des contrats de location longue durée.

Face à la multiplication des témoignages de consommateurs confrontés à des frais inattendus ou à des clauses complexes, la question de la régulation et de la protection des usagers s’impose plus que jamais au cœur du débat.

Expansion du leasing automobile et multiplication des litiges

En 2024, le leasing automobile connaît un essor sans précédent en France : 67 % des voitures neuves acquises par des particuliers sont désormais financées via une location avec option d’achat (LOA) ou une location longue durée (LLD).

Cette formule séduit par sa flexibilité et l’accès facilité à des véhicules récents, mais elle s’accompagne d’une hausse notable des litiges.

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Selon l’enquête de l’UFC-Que Choisir, près de 1 000 témoignages de consommateurs font état de frais de restitution contestés, de difficultés à résilier en cas d’accident de la vie ou de poursuite des paiements malgré l’immobilisation du véhicule, révélant les zones d’ombre d’un marché en pleine expansion.

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Les clauses problématiques et les abus constatés

L’UFC-Que Choisir pointe plusieurs pratiques jugées abusives dans les contrats de leasing. Un quart des locataires interrogés dénoncent des frais de restitution élevés, parfois supérieurs à 1 200 euros, pour de simples rayures ou usures normales.

Je pensais rendre la voiture sans souci, mais on m’a facturé plusieurs centaines d’euros pour des marques que je considérais normales après plusieurs années d’utilisation.Hugo, 38 ans, commercial

Certains témoignages évoquent la poursuite des loyers même lorsque le véhicule est immobilisé pour panne, aggravant la situation financière des clients. En cas d’accident de la vie, perte d’emploi, maladie ou décès, sortir du contrat s’avère particulièrement complexe, les héritiers se retrouvant souvent face à des choix difficiles, comme continuer à payer ou racheter le véhicule.

Un encadrement juridique insuffisant face à la montée de la LLD

Si la future directive européenne sur le crédit à la consommation, attendue pour 2026, renforcera la protection des clients en LOA, la location longue durée (LLD) demeure exclue de ce nouveau cadre.

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Cette différence de traitement laisse la LLD sans socle juridique équivalent, exposant les consommateurs à des risques accrus. Profitant de ce vide réglementaire, certains professionnels orientent délibérément leurs clients vers la LLD, moins contraignante pour eux et moins protectrice pour les usagers.

Résultat : la LLD a vu ses volumes bondir de 67 % en un an, alors même que les garanties et droits des locataires restent largement insuffisants face aux litiges et aux abus constatés.

Les revendications de l’UFC-Que Choisir pour une meilleure protection des consommateurs

Pour remédier à ces dérives, l’UFC-Que Choisir formule plusieurs demandes clés : instaurer un droit à la résiliation sans frais en cas d’accident de la vie, imposer une information précontractuelle claire et standardisée, interdire les clauses abusives transférant les risques au locataire, et étendre à la LLD les protections du crédit à la consommation.

Ces mesures visent à garantir une transparence accrue sur les coûts réels, à faciliter la sortie des contrats en cas de coup dur et à offrir un socle de droits équivalent à tous les consommateurs, quel que soit le type de leasing choisi. Un encadrement renforcé permettrait ainsi de rétablir la confiance et d’assainir le secteur du leasing automobile.