Les aides à la rénovation énergétique connaissent de profonds bouleversements, suscitant de nombreuses interrogations chez les particuliers et les professionnels du secteur.
Entre suspensions temporaires, retards de traitement et évolutions annoncées pour les dispositifs existants, la situation reste incertaine pour tous ceux qui souhaitent améliorer la performance énergétique de leur logement.
Face à ces changements, il devient essentiel de s’informer sur les solutions encore accessibles et sur les perspectives à venir pour mener à bien ses projets de rénovation en toute sérénité.
Suspension et incertitudes autour des aides à la rénovation énergétique
Depuis le 1er janvier 2026, les aides à la rénovation énergétique, dont MaPrimeRénov’, sont suspendues en raison de l’absence de loi de finances votée.

Cette situation a entraîné la fermeture temporaire des guichets de dépôt de dossiers, plongeant de nombreux ménages dans l’incertitude. Les particuliers souhaitant engager des travaux se retrouvent bloqués, sans possibilité de déposer de nouvelles demandes, tandis que les dossiers déjà enregistrés verront leur traitement retardé.
Cette instabilité fragilise la confiance des propriétaires et freine les projets de rénovation, alors même que la transition énergétique demeure une priorité nationale. Les professionnels du secteur appellent à une visibilité pluriannuelle pour sécuriser les parcours des ménages.
Conséquences concrètes pour les bénéficiaires et le secteur
La suspension des aides a des répercussions immédiates sur les ménages, à l’image de Romain, dans le Morbihan, contraint de vivre avec sa famille dans un mobil-home en attendant le déblocage de MaPrimeRénov’.
Nous avions lancé notre projet de rénovation en pensant être accompagnés. Aujourd’hui, tout est bloqué. Les travaux sont à l’arrêt, les factures continuent de tomber et on ne sait pas quand la situation se débloquera.
Julien, 41 ans, propriétaire occupant
Les retards de traitement, les refus de devis et l’accumulation de frais imprévus plongent de nombreux bénéficiaires dans la précarité, certains envisageant même d’abandonner leur projet. Pour les professionnels, cette instabilité provoque un gel des chantiers et une perte de confiance généralisée.
Selon Camif Habitat, près de 20 % des dossiers sont aujourd’hui à l’arrêt, mettant en péril l’activité des entreprises et freinant la dynamique de rénovation énergétique indispensable à la transition écologique.
Évolution et recentrage des dispositifs d’aide en 2026
Le paysage des aides à la rénovation énergétique évolue sensiblement. MaPrimeRénov’ sera maintenue, mais recentrée sur les rénovations globales et la décarbonation des systèmes de chauffage, afin de maximiser l’impact environnemental des travaux soutenus.
Parallèlement, les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) et le chèque éco-énergie Normandie resteront accessibles, selon la nature des projets. Les Espaces Conseil France Rénov’ continueront d’assurer un accompagnement personnalisé, guidant les ménages dans le choix des dispositifs adaptés et le montage de leurs dossiers.
Cette réorganisation vise à renforcer l’efficacité des aides tout en garantissant un soutien de proximité, essentiel pour accélérer la transition énergétique sur l’ensemble du territoire.
Enjeux de stabilité et recommandations pour l’avenir
L’instabilité récurrente des dispositifs d’aide, avec des règles et budgets modifiés chaque année, compromet la stratégie nationale de rénovation énergétique et décourage les ménages à s’engager dans des travaux de long terme.
Changer les règles chaque année complique tout. Sans cadre stable, il devient difficile de planifier les chantiers, d’embaucher et d’accompagner correctement les clients dans leurs projets de rénovation.Claire, 52 ans, responsable d’entreprise de rénovation
Les experts et professionnels du secteur alertent sur la nécessité d’une trajectoire pluriannuelle, idéalement sur cinq à dix ans, pour offrir une visibilité durable. Ils préconisent également la sanctuarisation d’un socle minimal d’aides, afin de restaurer la confiance des particuliers et de sécuriser l’activité des entreprises.
Cette stabilité est jugée indispensable pour atteindre les objectifs climatiques et garantir la réussite de la transition énergétique, tout en évitant les ruptures brutales qui fragilisent l’ensemble de la filière.