Le budget de la Sécurité sociale pour 2026 vient de franchir une étape décisive à l’Assemblée nationale, marquant un tournant dans la gestion des finances publiques françaises.
Entre compromis politiques, mesures sociales attendues et ajustements budgétaires, ce texte suscite de vifs débats et cristallise les enjeux majeurs de la protection sociale.
Alors que la Sécurité sociale pèse lourd dans les comptes de la nation, les choix opérés pour l’année à venir dessinent les contours d’un équilibre fragile, sous le regard attentif des acteurs politiques et économiques.
Les prochaines semaines s’annoncent déterminantes pour l’avenir des comptes sociaux.
Adoption du budget de la Sécurité sociale pour 2026 : contexte et enjeux
Le 16 décembre 2025, l’Assemblée nationale a définitivement adopté le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, marquant une première depuis 2022 : le texte a été voté sans recours à l’article 49.3.
Avec 247 voix pour, 232 contre et 90 abstentions, ce compromis politique reflète la fragmentation de l’Hémicycle. La Sécurité sociale, qui pèse plus de 40 % du budget national, reste un pilier des finances publiques.
Pour le gouvernement, ce vote est crucial : il vise à ramener le déficit sous la barre des 5 % et à restaurer la confiance dans la gestion des comptes sociaux, dans un contexte de fortes tensions budgétaires et de débats sur la soutenabilité du modèle social français.
Les mesures phares du PLFSS 2026 : réformes sociales et équilibre budgétaire
Le PLFSS 2026 entérine la suspension de la réforme des retraites jusqu’en janvier 2028, permettant aux assurés nés en 1964 de partir à 62 ans et 9 mois, pour un coût estimé à 100 millions d’euros en 2026.
Les pensions et minima sociaux seront revalorisés de 0,9 % dès janvier, écartant le gel initialement prévu. Un congé de naissance indemnisé, effectif au 1er janvier 2026, vient renforcer les droits des parents.
Côté recettes, la hausse ciblée de la CSG sur les revenus du capital et une surtaxe exceptionnelle sur les complémentaires santé généreront près de 2,5 milliards d’euros.
Enfin, l’objectif de dépenses d’assurance maladie est relevé à +3 %, pour soutenir l’hôpital et la médecine de ville.
Pouvoir d’achat : des revalorisations maintenues en 2026
Débats parlementaires et réactions politiques
Les débats à l’Assemblée nationale autour du PLFSS 2026 ont mis en lumière de profondes divisions entre les groupes politiques.
Si la majorité présidentielle et les socialistes ont soutenu le texte, la droite républicaine, le Rassemblement national et La France insoumise s’y sont opposés, dénonçant un déficit encore élevé et le transfert de 4,5 milliards d’euros depuis l’État, perçu comme un artifice comptable.
L’opposition a multiplié les initiatives, dont une motion de rejet préalable et l’annonce d’une saisine du Conseil constitutionnel par LFI.
Le gouvernement, de son côté, a défendu un compromis « responsable », soulignant l’urgence de contenir la dérive budgétaire tout en préservant le modèle social.
Perspectives et prochaines étapes budgétaires
Après l’adoption du PLFSS 2026, le gouvernement engagera dès janvier une concertation avec les partenaires sociaux pour préciser les modalités d’application des nouvelles mesures, notamment le congé de naissance et la revalorisation des prestations.
L’articulation avec le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 s’annonce délicate : la commission mixte paritaire, réunie le 19 décembre, devra tenter de rapprocher des positions très éloignées entre l’Assemblée et le Sénat. En cas d’échec, une loi spéciale serait examinée avant la date butoir du 31 décembre.
Ces négociations, sous haute tension, pèseront sur la trajectoire financière de la France, alors que l’objectif d’un déficit public sous 5 % reste incertain.