En 2026, 7,4 millions de logements seront concernés par une hausse automatique de la taxe foncière, souvent sans que leurs propriétaires en aient conscience

Une réforme discrètement préparée par les autorités promet de modifier en profondeur le mode de calcul de la taxe foncière , avec des conséquences financières notables dès l’an prochain.

Entre revalorisation automatique et nouvelles règles administratives, les propriétaires doivent s’attendre à des évolutions majeures, parfois sans en être informés directement. Décryptage des changements à venir et de leurs répercussions sur la fiscalité immobilière.

Nouvelle méthode de calcul de la taxe foncière en 2026

Le ministère de l’Économie s’apprête à bouleverser le calcul de la taxe foncière dès 2026, en intégrant automatiquement tous les éléments de confort dans les logements, qu’ils aient été déclarés ou non.

 

Cette réforme, menée discrètement par Bercy, vise à fiabiliser les bases fiscales et à garantir une équité entre propriétaires. Près de 7,4 millions de logements, soit environ un quart des maisons et 15 % des appartements, sont concernés par cette opération inédite, qui devrait entraîner une hausse moyenne de 63 euros par foyer.

 

Revalorisation automatique et évolution des montants

Chaque année, la taxe foncière est automatiquement revalorisée en fonction de l’inflation, via l’ajustement des valeurs locatives cadastrales. Entre 2014 et 2024, cette mécanique a provoqué une hausse moyenne de 37,3 % dans les grandes villes, avec des augmentations notables : +7,1 % en 2023, +3,9 % en 2024 et +1,7 % en 2025.

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Pour 2026, la progression attendue serait d’environ 1 %, portant le montant moyen de taxe foncière à près de 1 102 euros par propriétaire, contre 1 034 euros en 2023.

Historique des hausses de taxe foncière

  • Entre 2014 et 2024 : hausse moyenne de 37,3 % dans les grandes villes.
  • 2023 : augmentation de +7,1 %.
  • 2024 : augmentation de +3,9 %.
  • 2025 : augmentation de +1,7 %.
  • 2026 (prévision) : +1 %, avec un montant moyen de 1 102 € par propriétaire.

Ces chiffres montrent comment la revalorisation automatique s’ajoute désormais à la révision des éléments de confort, accentuant la pression fiscale sur les ménages.

Conséquences financières pour les propriétaires

La réforme va peser lourdement sur les propriétaires de logements anciens ou mal décrits, particulièrement dans les zones rurales et les petites villes où le parc immobilier est moins modernisé.

J’habite une maison ancienne en zone rurale. Je m’attendais à une hausse légère, mais avec cette réforme, je vais payer bien plus que prévu. Cela complique mon budget déjà serré.Sophie, 42 ans, enseignante

Parmi les 7,4 millions de logements concernés, la hausse moyenne de 63 euros par an s’ajoutera à la revalorisation classique, impactant surtout les ménages modestes et les détenteurs de résidences secondaires.

 

Les maisons individuelles, souvent sous-évaluées jusqu’ici, seront les plus touchées. Au total, les collectivités locales pourraient engranger 466 millions d’euros supplémentaires, renforçant leur budget mais accentuant les inégalités territoriales et sociales face à la fiscalité immobilière.

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Inégalités et risques pour certains propriétaires

Cette réforme accentue les disparités entre propriétaires, frappant plus durement ceux dont les logements sont anciens, peu modernisés ou situés dans des territoires ruraux.

Les ménages à faibles revenus, souvent incapables de financer des travaux de rénovation, verront leur taxe foncière augmenter sans bénéficier d’améliorations réelles de confort.

 

L’absence d’information claire de l’administration, qui applique la requalification sans notification systématique, expose de nombreux propriétaires à des hausses inattendues.

Ce manque de transparence risque d’aggraver la précarité de certains foyers, déjà fragilisés par l’inflation et la hausse continue des impôts locaux, et pourrait entraîner des difficultés de paiement, voire des situations d’endettement pour les plus vulnérables.