Faute de moyens, certaines baisses d’impôts attendues pourraient finalement passer à la trappe en 2026

Le paysage fiscal français connaît actuellement des bouleversements majeurs, suscitant de nombreuses interrogations chez les contribuables. Entre incertitudes sur l’évolution de l’impôt sur le revenu, reports de réformes attendues et menaces sur certains avantages fiscaux, la situation budgétaire soulève de nouvelles préoccupations.

Les décisions récentes du gouvernement et l’absence d’adoption d’une loi de finances dans les délais habituels laissent planer le doute sur l’avenir de plusieurs mesures clés. Tour d’horizon des enjeux et des conséquences pour les particuliers comme pour les finances publiques.

Conséquences de l’absence d’adoption de la loi de finances dans les délais

Le retard dans l’adoption de la loi de finances plonge l’État dans une situation délicate, empêchant la mise en œuvre de nombreuses mesures fiscales prévues pour l’année à venir.

Faute de texte voté à temps, le gouvernement doit reconduire provisoirement le budget précédent, ce qui bloque l’entrée en vigueur de réformes majeures, notamment sur l’impôt sur le revenu et l’abattement fiscal des retraités.

Cette situation prive l’État de recettes attendues, estimées à plus d’un milliard d’euros, et maintient certains avantages fiscaux, comme l’exonération des indemnités journalières pour maladies graves. Les citoyens et les finances publiques subissent ainsi directement les conséquences de ce blocage législatif.

Modalités de la reconduction temporaire du budget 2026

Pour faire face à l’absence de loi de finances adoptée, Emmanuel Macron a promulgué une loi spéciale permettant de prolonger le budget 2025 jusqu’à l’adoption du budget 2026.

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Ce dispositif transitoire, d’une durée limitée, autorise uniquement la reconduction des dépenses et recettes existantes, sans introduire de nouvelles mesures fiscales ni appliquer les réformes prévues. 

En revanche, toute modification fiscale ou suppression d’avantages ne pourra intervenir qu’après le vote du prochain budget, laissant l’État dans l’impossibilité de réaliser les économies initialement envisagées.

Mesures fiscales reportées ou annulées : impacts pour les contribuables

Parmi les principales mesures gelées figurent la réforme de l’impôt sur le revenu, qui ne connaîtra aucune modification en 2025, et le maintien de l’abattement de 10 % sur les pensions des retraités, alors que sa transformation en abattement forfaitaire de 2 000 euros était envisagée.

Les indemnités journalières perçues en cas de maladie grave restent également exonérées d’impôt, contrairement à ce que prévoyait le projet initial. Enfin, la réduction du crédit d’impôt pour les services à la personne n’entrera pas en vigueur.

“Je suis soulagée de ne pas voir mes impôts augmenter cette année, mais en même temps, cette absence de visibilité est stressante. On ne sait pas à quoi s’attendre pour l’année suivante, ni comment anticiper nos finances.”
Sophie, 42 ans, cadre administrative

Pour les contribuables, cela signifie la préservation des avantages actuels et l’absence de hausse d’imposition, mais aussi le report de toute évolution fiscale attendue.

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Menaces sur les crédits d’impôt et conséquences budgétaires

L’incertitude autour de la reconduction des crédits d’impôt, notamment pour l’agriculture biologique et la recherche collaborative, fait peser un risque majeur sur ces secteurs stratégiques.

Sans validation législative, les exploitants et entreprises innovantes pourraient voir disparaître des soutiens essentiels à leur compétitivité et à leur développement.

Cette situation fragilise non seulement l’investissement et l’emploi, mais complique aussi la stratégie budgétaire du gouvernement : les économies attendues de la suppression ou de la modification de ces dispositifs ne pourront être réalisées, réduisant d’autant la marge de manœuvre pour maîtriser le déficit public. L’absence de visibilité fiscale freine ainsi la capacité de l’État à piloter efficacement ses finances.