Le secteur immobilier français traverse une période d’incertitude sans précédent, marquée par des annonces majeures et des changements attendus pour 2026.
Entre retards budgétaires, réformes fiscales en suspens et dispositifs d’aide remis en question, propriétaires, investisseurs et professionnels s’interrogent sur l’avenir du marché.
Les mesures destinées à soutenir la rénovation énergétique, à alléger la fiscalité ou à encourager l’investissement locatif se retrouvent au cœur des débats, tandis que de nouvelles règles pourraient bouleverser les stratégies patrimoniales.
Tour d’horizon des enjeux et des perspectives qui dessinent le paysage immobilier de demain.
Les conséquences du retard budgétaire sur les mesures immobilières
Le blocage politique autour du budget 2026, faute de majorité au Parlement, paralyse l’adoption de réformes majeures dans l’immobilier.
Cette impasse retarde la mise en œuvre d’allègements fiscaux sur les plus-values et les revenus fonciers, ainsi que l’introduction du nouveau statut du bailleur privé, pourtant attendu pour relancer l’investissement locatif.
En l’absence de budget voté avant le 31 décembre, les règles fiscales de 2025 restent en vigueur début 2026, tandis que la suspension de MaPrimeRénov’ prive 85 000 ménages d’aides à la rénovation énergétique.
Ce gel des dispositifs fragilise le secteur, alors que la crise du logement s’aggrave et que la hausse de la CSG sur le LMNP est confirmée pour 2026.
Les réformes fiscales en débat : allègements, nouveaux statuts et superdéficit
Parmi les mesures phares attendues, l’allègement de la fiscalité sur les plus-values immobilières divise députés et sénateurs : les premiers proposent une exonération plus rapide après 17 ans de détention, tandis que les seconds souhaitent taxer toutes les plus-values, mais à un taux réduit de 15 %, intégrant l’inflation.
Le statut du bailleur privé, censé encourager l’investissement locatif dans le neuf, reste incertain, tout comme la reconduction du superdéficit foncier pour soutenir la rénovation énergétique.
Ces réformes sont cruciales pour redynamiser l’offre locative et répondre à la crise du logement.
MaPrimeRénov’ suspendue : un coup d’arrêt pour la rénovation énergétique
La suspension de MaPrimeRénov’ à compter du 1er janvier 2026, faute de budget, prive 85 000 ménages d’un soutien financier essentiel pour rénover leur logement.
Ce dispositif, pilier de la transition énergétique, permettait de débloquer de nombreux chantiers et soutenait l’activité des artisans du bâtiment. Sa disparition inquiète fortement les professionnels, qui redoutent un ralentissement brutal des travaux et une aggravation de la précarité énergétique.
Face à cette situation, les acteurs locaux appellent à maintenir l’information et à orienter les ménages vers les alternatives encore disponibles, comme l’éco-prêt à taux zéro, accessible sans condition de ressources, ou les dispositifs locaux, en attendant une éventuelle reprise des aides nationales.
Incertitudes et perspectives pour les propriétaires et investisseurs
L’année 2026 s’ouvre sur un climat d’incertitude pour les propriétaires et investisseurs immobiliers. La hausse de la CSG à 18,6 % pour les revenus LMNP réduit la rentabilité des locations meublées, tandis que l’évolution du régime LMNP reste sous surveillance, les parlementaires envisageant de limiter l’amortissement.
L’abandon du nouveau statut fiscal du bailleur privé et la non-extension du PTZ freinent la relance de l’investissement locatif et l’accession à la propriété. Les professionnels du secteur alertent sur le risque d’un effondrement de la construction neuve et d’un ralentissement des rénovations.
Dans ce contexte, il est conseillé de sécuriser ses projets, d’anticiper les évolutions fiscales et de privilégier l’information auprès de conseillers spécialisés.