Les factures d’électricité pourraient rester stables pour la plupart des foyers malgré la fin d’un dispositif clé

La fin annoncée d’un dispositif tarifaire historique bouleverse le paysage de l’électricité en France. Alors que de nombreux foyers s’interrogent sur l’évolution de leur facture, un nouveau mécanisme s’apprête à entrer en vigueur, promettant stabilité et protection pour la majorité des ménages.

Entre ambitions d’investissement dans le nucléaire et volonté de préserver le pouvoir d’achat, les autorités cherchent à rassurer face aux incertitudes.

L’électricité française, déjà reconnue pour ses prix compétitifs et son faible impact carbone, s’apprête à franchir une nouvelle étape, avec des mesures inédites pour encadrer les tarifs et garantir l’équilibre du système énergétique.

Fin du dispositif Arenh : contexte et enjeux

Mis en place en 2011, l’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique) a contraint EDF à vendre une partie de sa production nucléaire à ses concurrents et à certains industriels à un tarif fixe de 42 euros/MWh, favorisant la concurrence et la stabilité des prix pour les consommateurs.

Ce mécanisme, qui s’achèvera le 31 décembre 2025, a permis aux fournisseurs alternatifs de proposer des offres compétitives.

Sa suppression suscite des interrogations sur l’évolution des tarifs, même si le gouvernement assure une stabilité des factures pour la majorité des ménages en 2026 et 2027, grâce à la faiblesse actuelle des prix de gros de l’électricité décarbonée en France.

Mise en place du Versement nucléaire universel (VNU) : principes et fonctionnement

Dès 2026, le Versement nucléaire universel (VNU) prendra le relais de l’Arenh, instaurant un nouveau cadre pour la redistribution des revenus issus de la vente d’électricité nucléaire.

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EDF pourra vendre sa production au prix du marché, mais si ses recettes dépassent des seuils fixés à 78 et 110 euros/MWh, l’excédent sera prélevé puis redistribué à l’ensemble des consommateurs, particuliers comme entreprises.

 

Ce mécanisme vise à limiter l’impact d’éventuelles hausses sur les factures, tout en soutenant les investissements nécessaires dans le parc nucléaire. Toutefois, la complexité du dispositif et le flou sur ses modalités de redistribution alimentent les critiques quant à sa lisibilité et à son efficacité réelle pour les usagers.

Conséquences pour les ménages et les tarifs réglementés

Pour les 19,75 millions de foyers abonnés au tarif réglementé, la transition vers le VNU ne devrait pas entraîner de hausse de facture en 2026 et 2027, selon Bercy.

Cette stabilité s’explique par le maintien de prix de gros relativement bas, autour de 50 euros/MWh, bien en deçà des seuils déclenchant la redistribution du VNU.

J’entends beaucoup parler de la fin de l’Arenh, mais ce qui me rassure, c’est que les autorités assurent que nos factures ne vont pas exploser tout de suite. Tant que les prix restent stables, je préfère cette visibilité à long terme.Sophie, 41 ans, employée administrative

Toutefois, si les prix de marché venaient à s’envoler au-delà de 78 ou 110 euros/MWh, une partie des recettes supplémentaires d’EDF serait reversée aux consommateurs, atténuant la hausse.

À l’inverse, si les prix restent modérés, aucune baisse significative n’est attendue, la redistribution restant alors théorique.

Conciliation entre protection des consommateurs et investissements énergétiques

Le nouveau système cherche à préserver le pouvoir d’achat des ménages tout en garantissant les ressources nécessaires au renouvellement du parc énergétique, notamment nucléaire.

La France bénéficie actuellement de prix de l’électricité parmi les plus bas d’Europe, grâce à son parc nucléaire historique.

 

Pour maintenir cette compétitivité et poursuivre la décarbonation, le gouvernement mise sur un équilibre : protéger les consommateurs via des garde-fous tarifaires, tout en permettant à EDF de financer de nouveaux réacteurs et le développement des énergies renouvelables. 

Des pistes, comme la révision des taxes sur l’électricité, sont également à l’étude afin de soutenir la transition énergétique sans alourdir la facture des usagers.