Une résidente de 98 ans se dit trahie après la disparition de ses économies dans un Ehpad

Un nouveau scandale secoue le secteur des maisons de retraite médicalisées, mettant en lumière des pratiques troublantes au sein d’un établissement réputé du Val-d’Oise.

L’affaire, révélée récemment, soulève de nombreuses questions sur la sécurité financière et la protection des personnes âgées résidant en Ehpad. Entre soupçons de détournement de fonds et modification de contrats d’assurance-vie, cette situation met en exergue la vulnérabilité des seniors face à certains abus.

Les révélations autour de cette affaire suscitent l’émoi et relancent le débat sur la confiance accordée aux responsables d’établissements accueillant les plus fragiles.

Les faits reprochés au directeur de l’Ehpad « La Croisée Bleue »

Le directeur de l’Ehpad « La Croisée Bleue » à Eaubonne (Val-d’Oise) fait l’objet de graves accusations après avoir été licencié pour avoir détourné près de 200 000 euros au préjudice d’une résidente âgée de 98 ans, sans héritier.

Selon l’enquête, il aurait profité de la vulnérabilité de la victime, dont il était devenu la personne de confiance, pour obtenir une procuration sur ses comptes et modifier à son profit des contrats d’assurance-vie d’une valeur totale de 600 000 euros.

“Nous avons souvent l’œil sur des mouvements inhabituels. Dans ce cas précis, des retraits et modifications suspectes ont tout de suite attiré notre attention. Sans cette vigilance, l’affaire aurait pu passer inaperçue.”Claire, 42 ans, conseillère bancaire

C’est le conseiller bancaire de la nonagénaire qui a donné l’alerte, permettant de révéler ces malversations financières. Le directeur, déjà condamné par le passé, est désormais sous contrôle judiciaire.

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Le déclenchement de l’enquête et l’intervention des autorités

L’affaire a éclaté lorsque le conseiller bancaire de la victime, intrigué par des mouvements inhabituels sur les comptes, a signalé la situation à Tracfin, le service de renseignement financier. Cette alerte a rapidement déclenché une enquête approfondie, mobilisant les autorités compétentes.

 

Placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès, il a également été licencié par le groupe Clariane, qui s’est constitué partie civile dans cette affaire retentissante.

Lors de son recrutement par Korian-Clariane, son casier judiciaire avait pourtant été vérifié, selon l’entreprise, qui affirme n’avoir relevé aucune mention incompatible avec le poste. Face à la gravité des faits révélés, le groupe a immédiatement prononcé son licenciement et s’est constitué partie civile.

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L’établissement « La Croisée Bleue », jusque-là reconnu pour son sérieux et sa qualité d’accueil, voit aujourd’hui sa réputation entachée par ce scandale, dans un contexte déjà tendu pour le secteur des Ehpad.

Un scandale dans un contexte de défiance envers les Ehpad

Ce nouvel épisode s’inscrit dans un climat de méfiance généralisée envers les Ehpad en France, déjà fragilisé par des scandales retentissants. Les révélations du livre « Les fossoyeurs » de Victor Castanet, en 2022, avaient mis en lumière des cas de maltraitance et de gestion défaillante dans plusieurs établissements, notamment chez Orpea et Korian.

“Après toutes ces affaires, il est difficile de faire confiance. On souhaite simplement que nos parents soient en sécurité et bien entourés.”Sophie, 60 ans, proche d’une résidente

Depuis, la confiance du public envers ces structures n’a cessé de s’éroder, alimentée par des affaires récurrentes d’abus et de détournements. Ce nouveau dossier, impliquant un directeur d’un établissement réputé, risque d’aggraver la crise de confiance et de renforcer la demande de transparence et de contrôle dans le secteur des maisons de retraite médicalisées.